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Des réflexions intéressantes de dirigeants communistes...mais c'est à Paris!   

On attend un début de réflexion dans la fédé 22 du PCF pourtant étrillée aux dernières municipales et invisible au sein des listes PS...

 

Les élections municipales sont marquées par un échec cinglant du Pari socialiste et aussi du Parti Communiste même si nous résistons mieux.

 

Cette défaite n’est pas seulement le fait du rejet du gouvernement et de sa politique. Elle constitue une étape supplémentaire de la crise politique, économique, sociale et culturelle que nous traversons.

 

A force de succession de politiques libérales et néolibérales, les principes mêmes de ces politiques finissent par s'imposer à tous jusqu'à pénétrer les couches populaires.

La baisse des « charges » des entreprises est acceptée comme un moyen de créer de l'emploi.

 

Les comportements individuels changent. Le désir de réussite individuelle dans une concurrence acceptée remplace la recherche d'une émancipation personnelle dans un cadre solidaire. Les campagnes électorales ont été le théâtre sans précédent des querelles de personnes et de la recherche de la place éligible à tout prix.

 

Ce glissement idéologique rend plus difficile toute évolution de société. Nous assistons à une véritable hystérésis sociale collective. Confrontés à un avenir économique incertain, nos concitoyens sont peu enclins à accepter la remise en cause de normes traditionnelles. Il faut se rassurer.

 

La désignation de bouc-émissaires qui justifie les discriminations et la xénophobie est plus facile que la recherche de justice et d’égalité. La famille et son patriarche rassurent beaucoup plus que la reconnaissance des différences et de l’égalité de droits pour toutes et tous.

 

La défaite électorale est d'abord une défaite idéologique. L'hégémonie culturelle du libéralisme est le plus sur garant des intérêts de l'oligarchie financière qui nous gouverne, nous devons la combattre.

 

Le fonctionnement des institutions de la 5èmeRépublique continue de réduire la citoyenneté au choix d'un homme ou d'une femme tous les cinq ans suivi de votes pour ou contre le parti du président qui renforcent toujours le bipartisme. On vote PS ou UMP en pensant voter gauche ou droite et en gommant toute différence à l’intérieur de ces deux camps.

 

Notre bataille pour une sixième république n'est donc pas une action à la marge de nos propositions sociales et économiques. Elle est essentielle.

 

* * * * *

 

Mais revenons à la question politique centrale que nous avons à résoudre. Comment se fait-il que nous soyons sanctionné et « mis dans le même sac » que ce gouvernement auquel nous ne participons pas ?

 

Le clivage simplifié gauche/droite fonctionne contre nous, sauf dans les villes que nous dirigeons où nous sommes considérés comme les représentants de la gauche. Dans toutes les autres villes dirigées par la droite, à deux exceptions près, le socle politique que nous avons ne permet pas de gagner.

 

Comment élargir ce socle ? Comment faire en sorte que les déçus du Parti socialiste ne se tournent pas vers la droite et l'extrême droite ou vers l'abstention et rejoignent le Front de gauche et le Parti communiste ? C’est là que se joue notre avenir.

 

Formulée autrement, la question politique reste celle de mettre fin à l’hégémonie du Parti Socialiste sur la gauche sans quoi il n’y aura pas de changement.

 

Personne ne peut plus croire qu'il est possible de « peser à gauche » pour changer de cap. La sortie de la crise ne peut se faire qu'en rupture avec les politiques libérales. En outre cette attitude ne permet pas de sauver nos élus, comme en témoignent les résultats des municipales et ce concept risque de devenir de plus en plus illusoire.

 

Nos élus risquent d'être entraînés dans les collectivités où ils siègent de façon minoritaire, dans une gestion de plus en plus contrainte du fait de la réduction massive des dépenses publiques. Celle-ci réduit les budgets de fonctionnement et rend impossible la satisfaction des besoins sociaux exprimés au plan local.

 

Regagner passe par notre autonomie à gauche et le rassemblement le plus large autour de propositions en rupture avec les logiques libérales. C’est ce que nous avons initié avec notre politique des fronts puis avec le Front de Gauche. L'heure est au développement et au renouvellement de cette stratégie.

 

Les choix différents des organisations du Front de Gauche pour les élections municipales dans les grandes villes ont brouillé le message national. Aucun de ces choix n'a démontré son efficacité plus grande en terme de résultat, mais là n'est pas la question. La pérennité du Front de gauche est une question essentielle pour l’avenir et tout ce qui rend moins lisible ce rassemblement génère du désespoir dans notre population.

 

* * * * *

 

Ce rassemblement est-il assez large ? Mais nous n’avons jamais opposé le Front de Gauche à notre effort pour rassembler toutes celles et ceux qui à gauche pensent qu’une autre politique est nécessaire. Et la situation nouvelle née de la nomination de Manuel Vals ouvre de nouvelles opportunités sans doute.

 

«La gauche du parti socialiste» produit des textes que nous pourrions signer. Mais si nous pouvons mener des actions commune très large avec elle contre tel ou tel aspect de la politique gouvernementale ou pour une alternative, dans quelle entité pouvons nous nous rejoindre ? Nous avons besoin de manifester l'existence d'un pôle de rassemblement anti-libéral, ouvert largement, mais présent dans le paysage politique en tant que force politique. Une force qui soit à l’initiative d’une politique et d’une majorité alternatives.

 

Une telle entreprise ne plaît pas à tout le monde à gauche et certains s'ingénient à démontrer qu'il est impossible de substituer une autre gauche à la gauche actuelle. Et la montée du Front national va être utilisée n'en doutons pas pour justifier l'union de toute la gauche pour éviter le pire.

 

C’est bien sûr une question politique que nous avons à traiter. Mais un tel choix conduirait encore à la disparition de notre autonomie et à l’impossibilité d’incarner une alternative au Parti socialiste.

 

Par ailleurs EELV reste une organisation marquée d'une grande diversité idéologique. L’écologie politique y côtoie d'autres attitudes politiques très diverses, parfois libérales et ils tiennent bien sur à leur autonomie

 

Toutes cela nécessite que le Front de gauche reste l'organisation qui incarne le troisième pôle de la gauche dans notre pays. C’est cela que nous avons réussi avec les présidentielles sans affaiblir l'originalité du Pcf et en lui redonnant tout son sens au service du rassemblement.

 

Quel choix alternatif aurions-nous ?

 

C'est la stratégie du Front de gauche qui nous a redonné de la lisibilité politique. Elle a confirmé notre utilité au service de la transformation sociale. La forme de ce rassemblement ouvert, au delà des organisations politiques, à des citoyen-ne-s engagés autrement dans la politique a répondu au souhait populaire de voir changer les pratiques politiques.

 

Et la stratégie «gauche plurielle» conduit, on le sait, à une satellisation mortifère au côté du Parti socialiste.

 

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Il est grand temps de relancer le Front de gauche.

 

Il faut d'abord clarifier avec nos partenaires son orientation. Le Front de gauche doit être indissociablement un lieu de résistance à toute politique libérale et porteur d'une alternative pour un rassemblement plus large que lui.

 

Il doit aussi dépasser sa forme de cartel d'organisation fonctionnant sur la base de rapport de force interne. Il ne doit pas reproduire le fonctionnement des partis politiques mais vivre comme un rassemblement.

 

Il faut donc donner plus de place à la société civile, à celles et ceux qui sont sans partis et qui cherchent une issue. Nous les avons rencontrés comme élus et comme candidats dans toutes ces élections municipales. Ils ont mené campagne avec nous. Ils attendent de nous que nous leur proposions une issue politique pour notre pays et un cadre commun de combat.

 

La condition de cette relance, enfin, c'est le développement d'une démocratie de terrain, décentralisée, autour du Front de Gauche. Ce qui suppose notamment de trancher la question de l’adhésion directe au Front de Gauche. Nous devons partager le pouvoir avec tous ceux et toutes celles qui n’adhèrent à aucun parti, c’est la condition pour une mise en mouvement citoyenne condition de l’élargissement du Front de gauche.

 

Sur cette base, pourquoi ne pas lancer un appel national à rejoindre la seule force porteuse d'une alternative à gauche ?.

 

Les élections européennes sont l'opportunité de la relance du Front de gauche, saisissons les pour exprimer le besoin de refondation de cette Europe en rupture avec les dogmes libéraux et permettre ainsi le rassemblement le plus large sur une base claire de transformation sociale.

 

 

Frédérick Genevée, Francis Parny,

membres du CEN du PCF

 

 

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