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  Tribune parue dans le Trégor du jeudi 3 avril 2014 

 

 

Vers la fin du PCF à Lannion et dans l'agglomération ?

 

 

Le PCF avait semblé reprendre des couleurs en 2012 dans le cadre du Front de Gauche, son éternelle candidate dans la partie nord de l'agglo et Lahellec dans le sud avaient fait des scores honorables, bien qu'en recul pour ce dernier. Ces municipales montrent une toute autre réalité du PCF dans le périmètre de l'agglo. Alors que ce parti a été une des composantes importantes du paysage politique, les municipales montrent son déclin inexorable dans notre secteur,

 

Le premier signe a été sa disparition visible dans presque toutes les communes de l'ancien Trégor rouge au sud. Les symboles sont forts Pas de candidat PCF, voire de gauche à Plufur patrie de Marcel Hamon, Jean Le Lagadec et...de Lahellec ipse. A Tremel, la seule commune du département où Mélenchon arrive en tête en 2012, qui eut un maire communiste jusqu'en 2008, pas une trace.

 

Ailleurs des candidatures confondues avec les socialistes sont si peu visibles que M. Valls peut les qualifier de listes socialistes, sauf à Plestin qui se targue d'une union de la gauche et au Vieux-Marché où l'obstination revancharde du socialiste Dissez conduit les membres du PCF à se distinguer.

 

Ailleurs ils sont invisibles, même si à Lannion, M. Marquet, en homme intelligent, a essayé, dans le Trégor il y a quinze jours, de maintenir la fiction de l'existence du PCF. Il est bien normal qu'il ait voulu montrer qu'il n'était pas seul mais une réalité apparaissait au niveau de l'ensemble de l'agglomération à l'occasion de ces municipales : le PCF avait disparu, il s'était, comme un simple PRG ou autres satellites, dilué en tant que force politique dans le PS.

 

Les résultats du premier tour ont confirmé, le PCF accompagne partout le recul du PS que sa présence n'a pas endiguée, à Lannion mais aussi plus symboliquement à Plestin ou à Plouaret et sur la côte . Il est même pleinement associé au désaveu cinglant du PS à Ploubezre et encore plus à Ploulec'h, communes traditionnellement à gauche. Il en est de même à Pleumeur où la liste qu'il avait inspirée est devancée par celle associant le Parti de Gauche et des écologistes. Dans le sud de l'agglomération, à Plounérin, Plougras ...les listes qu'il anime sont sèchement battues.

 

Il reste certes une apparence mais comme eut dit le vieil Engels (l'ami de Marx) il n'est plus réel car il n'est plus nécessaire (Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande , Ed. Sociales ou internet!).

 

Affaibli par les départs de militants actifs refusant l'alignement sur le PS comme D.Orjol ou Y. Le Tensorer à Lannion, de membres du PCF à la CGT ou à la FSU, vieillissant, le PCF est désormais sans liens forts avec le monde du travail qu'il prétendait représenter. Il est de fait en dehors des luttes et de ce qui se joue sur la zone de Lannion, dans l'agroalimentaire au sud de l'agglomération. Le PCF n'attire plus de militants et à quelques exceptions près la génération de retraités de la région parisienne formée dans les syndicats et l'Union des sociétés bretonnes d’Île de France de J.Le Lagadec qui assuraient sa survie, disparaît ou se retire. Comme il est de plus intellectuellement appauvri, il est incapable de penser le territoire et de peser politiquement sur les orientations comme avait su et pu le faire il y a plus de 30 ans à propos de la desserte du Trégor par le train.

 

Ses élus, souvent muets dans les conseils et à l'agglomération n'ont exprimé aucune idée forte hors du cadre prescrit par le PS, et, le PCF a abandonné la dernière idée qui le distinguait du PS, celle de l'emplacement du collège Le Goffic, au premier froncement de sourcil des responsables socialistes.

 

En tant que parti le PCF ne sert plus à rien, dilué dans le cadre des programmes municipaux décidés par le PS sans qu'il ait été capable d'y imposer la moindre inflexion. Il n'est plus qu'un leurre que les chefs socialistes agitent pour duper une partie de l'électorat.

 

L'agonie du PCF est douloureuse pour ceux qui y ont cru et y ont parfois consacré beaucoup d'énergie mais ce qui est rassurant c'est que les idées, la dynamique qui l'avaient fait naître restent vivaces. Ces élections municipales en sont la meilleure preuve, des listes à Lannion, à Plestin, à Ploulec'h, à Pleumeur-Bodou, à Trédrez-Locquémeau... ont porté les espoirs d'un renouveau, d'une lutte contre les injustices et les conservatismes en s'opposant aux listes PS et de droite, parfois avec succès, souvent de manière significative. C'est cet espoir et cette volonté qui y incarnent des militants du Front de Gauche, des communistes divers mais sincères, avec d'autres personnes et d'autres courants de gauche, en citoyens libres. Une nouvelle manière de faire et de penser la politique émerge. Le PCF meurt mais l'idée demeure !

 

Yves Sabourdy. Lannion.

 

Communiste unitaire, membre d'Ensemble composante du Front de Gauche.

 

Tag(s) : #PCF Lannion

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