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Au  niveau national l'autonomie a porté ses fruits, c'est aussi le cas à Lannion. Dans une élection où l'on vote moins (moins 300 votants), la liste PS perd près de 1000 voix  part rapport à 2008 à39%, la droite perd 100 voix environ mais maintient son pourcentage 21,5  la gauche une liste lancée par EELV mais associant deux composantes du Font de Gauche (le PG et  Ensemble) et l'UDB  et la liste LO totalisent 25%  gagnant environ 500 voix par rapport aux scores habituels de ces partis.

 

Analyse nationale

 

Front de gauche : l’autonomie a globalement porté ses fruits aux municipales

 

Les InROCKS

 

24/03/2014 | 18h24

 

http://www.lesinrocks.com/2014/03/24/actualite/front-de-gauche-lautonomie-globalement-porte-ses-fruits-aux-municipales-11490788/

 

 

Dans un contexte de débâcle du PS, et de poussée de la droite et du FN aux municipales, la gauche du PS se maintient. Sa stratégie d’autonomie et de rassemblement avec EELV et le NPA semble avoir porté ses fruits, malgré des résultats décevants à Paris.

 

Certains ont craint de voir disparaître le Front de gauche (FDG) aux municipales de 2014. Et pour cause : dans la moitié des villes de plus de 20 000 habitants, le PCF avait décidé de faire liste commune avec le PS, au détriment de la formation unitaire créée en 2009 – comme dans les cas emblématiques de Paris et Grenoble. Cependant, convaincus que des listes autonomes d’opposition de gauche au gouvernement devaient avoir voix au chapitre, les organisations du FDG n’ont pas baissé les bras : dans 600 villes, le Parti de Gauche (PG), Ensemble, et leurs alliés – parfois conjointement avec le NPA (dans une quarantaine de villes) et EELV (dans 90 villes) – ont présenté des listes. Et leurs scores sont relativement prometteurs, même si “globalement, la déroute du PS n’a pas profité à la gauche de la gauche”, constate l’historien du communisme Roger Martelli, co-directeur de la revue Regards.
D’après le secrétaire national du PG Eric Coquerel, ces listes ont obtenu en moyenne 11,71% des voix (contre 15,54% pour le FN), et dans 307 villes elles en ont recueilli plus de 8%, égalant quasiment le FN. Il en va ainsi de Rennes (15%), Clermont Ferrand (12%), Poitiers (15,29%), Avignon (12,46%) et Limoges (14%) par exemple. Enfin, “la cerise sur le gâteau”, selon Eric Coquerel, c’est le score de la liste EELV-PG-Ensemble à Grenoble, qui arrive en tête (avec près de 30%), devant le socialiste Jérôme Safar (25%), soutenu par le PCF. En revanche, à Paris, le FDG – sans le PCF, qui a choisi de soutenir la candidate PS Anne Hidalgo – n’a recueilli en moyenne que 5,1%.
Les listes autonomes font de la résistance
La stratégie d’autonomie semble donc avoir globalement porté ses fruits face à la stratégie d’alliance du PCF avec le PS. “Le fait saillant du scrutin d’hier soir, c’est que les listes autonomes, avec ou sans EELV et le NPA, et parfois sans le PCF, résistent et ne sont pas associées à la débâcle du PS”, estime Pierre-François Grond, de la Gauche Anticapitaliste. “La stratégie qui consiste à se mettre à la remorque du PS est perdante, constate Roger Martelli. Ceux qui sont alliés avec lui mordent la poussière en même temps que lui”.
L’un des arguments avancés par les partisans de l’autonomie au sein du Front de Gauche réside dans le cas emblématique d’Hénin-Beaumont. Dans cette commune du Pas-de-Calais, remportée dès le premier tour par le secrétaire général du FN Steeve Briois, les communistes se sont retirés de la liste FDG quelques semaines avant le premier tour, pour rejoindre le candidat divers gauche, laissant la liste FDG dans l’impossibilité de se présenter. Cela aurait selon Eric Coquerel renforcé l’abstention, et donc le FN, alors que Jean-Luc Mélenchon faisait 22% aux législatives de 2012.
Au PG, on regrette donc logiquement le manque de solidarité du PCF avec le FDG : “Si le FDG avait eu une stratégie nationale homogène, on serait un des grands gagnants de ce scrutin”, affirme Eric Coquerel. En effet à Paris l’autonomie, sans le PCF, a conduit à un score décevant de 5,1% en moyenne pour le FDG.

 

“Une troisième gauche est en train de naître”
A défaut, les composantes du FDG se sont trouvé de nouveaux alliés, notamment chez certains écologistes d’EELV. “Dans les 90 villes où nous avons fait liste commune, nous avons obtenu en moyenne 15,80%, se réjouit Eric Coquerel. C’est un fait important : une troisième gauche est en train de naître : anti-austérité et anti-productiviste”. Il ne faut cependant pas oublier que, comme le PCF, EELV s’est aussi allié dans de nombreux cas avec le PS. Mais “lorsque les écologistes s’allient avec des composantes du FDG, ils apparaissent comme une alternative crédible, et cela créé une dynamique commune efficace”, constate Roger Martelli. La preuve à Grenoble (30%), Rennes (15,1%) et Poitiers (15,3%), où EELV s’est allié au PG.
Cette alliance pourra-t-elle se pérenniser ? “Le seul obstacle, c’est la solidarité de la majorité de cette formation politique avec le PS, aux politiques d’austérité, et à la politique anti-écologiste menée par Hollande, temporise Pierre-François Grond. Si EELV prend ses distances, alors la question d’une alliance avec eux se posera”

 

Entre fragilité de l’héritage communiste et nécessaire rénovation
Pour Roger Martelli, le défi pour la gauche radicale réside dans sa rénovation. “La gauche de gauche doit être sans ambiguïté sur son rapport avec le PS, et elle doit être rassemblée, car lorsque le rassemblement n’est pas au rendez-vous, les résultats non plus, comme on l’a constaté à Paris [où le FDG a obtenu en moyenne 5,1%, ndlr]. Mais cela ne suffit pas : il faut qu’elle porte une dynamique innovante, une espérance neuve face au ressentiment. Si elle se contente de répéter les discours de la gauche de gauche d’hier, la vie politique risque d’être en panne du côté de la gauche”, estime l’historien.
Effectivement, la gauche non socialiste d’hier est en difficulté. Les communistes sont en recul dans leurs bastions municipaux : selon les décomptes de l’historien, sur les 184 villes de plus de 3500 habitants qui étaient des mairies communistes en 2008, une vingtaine ont d’ores et déjà été perdues, et une cinquantaine se trouvent en ballottage défavorable. “Il y a donc une certaine fragilité de cet héritage”, conclut-il.
Alors, après la mésaventure des municipales, la gauche radicale sortira-t-elle de l’ornière ? “Le FDG peut guérir, estime Eric Coquerel, à condition qu’on ne recommence pas deux fois la même erreur [celle de partir divisé - ndlr], car ça nous a handicapé”. Confirmation aux européennes de mai.

 

 

par Mathieu Dejean

 

le 24 mars 2014 à 18h24

 

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