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Publié par Pour une vraie gauche à Lannion

https://www.ledevoir.com/economie/574780/wall-street-s-effondre-a-l-ouverture-s-affolant-de-la-pandemie-de-coronavirus

Un article du journal canadien Le Devoir

 

Chutes historiques en Europe, plus forte baisse en une séance depuis le krach boursier de 1987 à Londres et à New York, les marchés boursiers ont poursuivi leur délestage jeudi, jugeant sévèrement la réponse économique peu convaincante des dirigeants politiques et monétaires à l’expansion de la pandémie de la COVID-19.

Le manque de cohésion était plutôt ressenti jeudi dans un échange entre la Banque centrale européenne (BCE) et le président français. Concentrant son intervention au maintien des liquidités dans le système, l’institution a rappelé que la réponse à la pandémie devait d’abord venir des gouvernements. En réplique, Emmanuel Macron a indiqué : « La Banque centrale européenne a fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes ? Je ne le crois pas. »

La présidente de l’institution monétaire, Christine Lagarde, a tracé la ligne : il revient à la BCE de maintenir de « bonnes conditions de financement pour les ménages, entreprises et banques » fragilisés par cette crise. L’institut de Francfort va pour cela favoriser les prêts aux PME et renforcer ses achats de dette publique et surtout privée. Mais contrairement à ce qu’attendaient nombre d’observateurs, la BCE n’a pas touché à ses taux directeurs.

À titre de comparaison, après avoir effectué une baisse-surprise de 50 points de son taux cible, la Réserve fédérale s’est engagée jeudi à injecter plus de 1500 milliards sur le marché des bons du Trésor américain dans le but de maintenir un marché liquide pour cette valeur refuge et de réduire les déséquilibres d’écart.

Or, le « choc majeur » causé par l’épidémie, à l’origine d’une « considérable aggravation des perspectives de croissance », requiert avant tout une « réponse budgétaire ambitieuse et coordonnée », a affirmé Mme Lagarde. « Je ne crois pas que qui que ce soit devrait attendre des banques centrales qu’elles soient en première ligne de la réponse », a-t-elle déclaré, tout en fustigeant « la complaisance et la lenteur » des gouvernements « en particulier en zone euro ».

S’ajoute l’annonce, sans concertation, d’une suspension de l’entrée des Européens aux États-Unis pour les 30 prochains jours, sortie d’un discours plutôt confus livré par le président américain, Donald Trump, en soirée mercredi, venant illustrer une absence de coopération entre l’Europe et les États-Unis dans la lutte contre la COVID-19. Elle aurait donné le coup d’envoi de la débandade des marchés jeudi, retient-on. « La décision brutale de Donald Trump a ravivé la peur d’une quasi-paralysie de l’économie mondiale », lit-on dans un texte de l’agence Reuters.

Le VIX à 75 points

Cette dichotomie alimentant toujours davantage un scénario de récession mondiale a accéléré la chute des cours boursiers, l’absence de coordination alimentant un sentiment de panique en Bourse. L’indice VIX, dit de la peur, a bondi jeudi de 40 %, ou de 21,57 points, pour dépasser les 75 points. Ce niveau s’approche de celui atteint par l’indice de volatilité du S & P 500 lors de la faillite de Lehman Brothers ayant servi d’amorce à la crise financière de 2008.

Paris, Milan ou Francfort ont inscrit une chute historique de leur indice de référence, avec un plongeon oscillant entre 10 et 17 % au cours de la séance. Pour leur part, Londres, en recul de 10 %, et New York ont connu leur pire séance boursière depuis le lundi noir d’octobre 1987. L’indice symbolique de Dow Jones a fondu de 2352,60 points, ou de près de 10 %, à 21 200,62 points. Plus représentatif, l’indice élargi S & P 500 a abandonné 260,74 points, ou 9,5 %, à 2480,64 points. Le Dow s’était écroulé de 22,6 % lors de la séance du 19 octobre 1987. La glissade a été à ce point rapide, à un moment donné, qu’elle a déclenché les coupe-circuits, forçant un arrêt des transactions pendant 15 minutes, et ce, pour une deuxième fois cette semaine. À Toronto, le S & P / TSX de la Bourse de Toronto a ajouté 1761,64 points, soit 12,3 %, à sa perte pour clôturer avec 12 508,45 points. Tous ses secteurs ont perdu des plumes.

Les grandes places boursières s’enfonçaient ainsi toujours plus à fond dans une tendance fondamentalement baissière. Au cumul, les marchés européens plongent de 30 % ou plus depuis le début de l’année. Le Dow Jones, lui, a perdu 26 % de sa valeur depuis janvier, alors que le S & P 500 est en recul de 26,7 % par rapport à son sommet historique, atteint le mois dernier.

Aviation en crise

En première ligne des victimes économiques de la pandémie, l’industrie touristique et sa composante aérienne évoquent l’urgence. Pour l’Association internationale du transport aérien (IATA en anglais), la décision prise par le président américain, Donald Trump, va « créer d’énormes pressions sur les flux de trésorerie des compagnies aériennes ». Déjà malmené par une baisse de la demande et l’annulation des grands événements, l’industrie demande aux États-Unis et aux autres gouvernements qui ont imposé des restrictions de voyage de suivre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, l’agence spécialisée de l’ONU considérant que les mesures qui entravent fortement le transport international doivent notamment être de « courte durée » et « proportionnée au risque sanitaire ».

Avec l’Agence France-Presse

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